A la vie, à la mort : Festival d’Avignon off 2014

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LE PITCH
Monsieur Hache et Madame Effe ont tous deux atterris en service de Réanimation, plongés dans un coma artificiel. Affublés de respirateurs, dépossédés de leurs corps mais tout à fait conscients, ils assistent, impuissants, aux visites alternées des infirmières, des médecins et de leurs familles.
 
L’AVIS DU FESTIVALIER
Monsieur Hache exige qu’on le laisse mourir en paix. Mademoiselle Effe donnerait tout pour rester en vie. Mais quelle place reste-t-il pour leurs deux volontés ? Quelle importance, quand au-dessus d’eux se livre un autre combat, aux adversaires bien plus féroces : Le Docteur face à la Mort. La Médecine et la Science comme chevaliers servants de la Vie ; la Mort, seule en son camp, seule mais toute puissante. Le spectacle est excellent. Dynamisme d’une troupe jeune et engagée ; aisance et talent des comédiens au jeu toujours juste (bien qu’un peu inégal) ; poésie d’une mise en scène mêlant à ravir danse, musique, vidéo et chant à l’art théâtral : tout y est pour combler le festivalier.
Mais « A la vie, à la mort » est bien plus qu’une excellente pièce de théâtre. D’abord parce qu’elle raconte à merveille l’intérieur des hôpitaux et du service de Réanimation en particulier : la pression permanente, les dialogues futiles des soignants adoucissant leur quotidien difficile, le rapport soignant-patient, le besoin de compréhension des familles et le manque de temps des médecins… ces médecins qu’on prend trop souvent pour des machines à science, alors qu’ils doutent, pleurent et tremblent comme tous devant la mort. Ensuite parce qu’elle suppose un instant que les hommes et les femmes en coma artificiel restent tout à fait conscients. Nous imaginons donc le calvaire d’esprits enfermés dans leurs corps inertes, incapables d’exprimer leurs désirs, leurs angoisses et leurs blessures. Enfin, avec une dextérité sans faille et tout en finesse, la dramaturge pose sur scène des questions philosophiques et déontologiques des plus actuelles : doit-on sauver un patient contre sa propre volonté ? Dans quelle mesure le docteur est-il responsable de la mort de son patient ? Le combat vain contre la mort vaut-il la peine d’être mené ? Un chef-d’œuvre d’humanisme et de sensibilité, à voir absolument.
logo-aviArticle de Gaëtane LEFEVRE
AVI City Local News
le 11 juillet 2014

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