La Barque, la Vague et le Pilote

Fantaisie en forme de performance de Simone RIST

Bicentenaire de la naissance d’Alexandre Herzen

En 2012, à l’occasion du Bicentenaire de la naissance d’Alexandre Herzen, écrivain, philosophe et publiciste russe, le Musée Tourgueniev à Bougival a demandé à Simone Rist de créer un évènement pour fêter cet anniversaire.

La pièce

L’écrivain russe Alexandre Herzen, pourchassé par le tsar, cherche asile en France, pays de la Liberté. Il rencontre Marianne, allégorie de la République. Ensemble, ils vont faire la révolution de 1848, vivre l’espoir, la défaite et la répression. A l’enthousiasme délirant succède une amère déception. Et l’état policier rattrape l’exilé Alexandre. Que va-t-il devenir ?

Avec

  • Denis HARDY              Alexandre Herzen
  • Virginie GOUJAUD      Marianne
  • Simone RIST               La voix intérieure

Mise en scène : Simone RIST

 

 

Que se passe-t-il ?

Des textes extraits de De l’autre Rive et de Lettre de France et d’Italie d’Alexandre Herzen sont les fondements de la performance.

Inspiré par la révolution de 1848, Herzen parle de l’espoir d’une France, d’une Europe et d’une Russie libres, où règnent l’égalité, l’humanité, la démocratie et la paix.

Simone Rist en a fait un savant collage en y rajoutant quelques passages de sa plume. L’auteure rend hommage à un combattant de la liberté, partisan du pacifisme. La mise en scène allie la danse au jeu théâtral. Ces deux langages s’entrecroisent avec la parole, la soutiennent et la magnifient. La sobriété de la mise en scène accentue les contrastes, les nuances et les couleurs.

2012 :

  • Création à Paris, mai 2012, Festival de La Création Théâtrale
  • Journées du Patrimoine, septembre 2012, parc du Musée Tourgueniev (Bougival)
  • Festival « Die Französischen Wochen », Stuttgart et Tübingen (Allemagne)
  • Colloque Herzen, Nice

2013 :

  • Théâtre Espace Marais, Paris
  • Journées du Patrimoine, au Centre Jean Hardouin, Montgeron
  • Lycée Rosa Park, Montgeron
  • Vernissage de l’Exposition Talma, au Musée Robert Dubois-Corneau, Brunoy

Citation à l’occasion de l’exposition Talma :
« Alexandre Herzen était fasciné par le théâtre français révolutionné par le grand acteur Talma (1763-1826). Il était célèbre jusqu’à Moscou et Herzen regrettait de ne pas l’avoir connu, ni vu ni entendu. Une de ses premières visites en arrivant à Paris fut le Théâtre Français ; il eut la révélation de Racine et fut fasciné par la diction toute particulière des acteurs de ce temps-là. »

 

 

Il s’agit de liberté, de paix, de démocratie, d’égalité.

Il s’agit d’un exilé en France au moment de la Révolution de 1848, de son enthousiasme et de ses déceptions et de l’étonnante actualité de ses écrits.

Il s’agit de l’aspiration à une autre politique et de la rupture complète avec les vieilles idées, qui seule permettra de bâtir un monde nouveau, avec plus de justice, de paix et de démocratie.

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Alexandre HERZEN
1812-1870

L’écrivain russe Alexandre Herzen a toute sa vie combattu pour la liberté. Il s’est insurgé contre le tsar et son régime autocratique, en exil en France, en Suisse et enfin en Angleterre, il a participé par ses écrits aux révolutions de 1848, a prôné à la barbe de la censure tsariste les droits de l’homme les plus élémentaires et a lutté pour l’abolition du servage. Il a exprimé ses idées de réforme radicale tout en s’opposant à la violence avec force, courage, grandeur d’âme et lucidité.

En 1847, Alexandre Herzen quitte la terre russe avec sa famille. Après de longues années de déportation et de surveillance policière, il tourne résolument le dos à l’absolutisme tsariste et part pour la France, pays rêvé de la Liberté.

Il aborde l’Occident plein d’attente et de curiosité. En 1848, la vague de fond révolutionnaire envahit toute l’Europe, c’est le « Printemps des Peuples ». Il y sera mêlé, en sera le témoin lucide et finalement désabusé. La déception sera à la mesure de l’enthousiasme.

Proscrit en Russie, chassé de France pour sa participation aux « journées de Juin », il se réfugie à Nice avec sa famille. Sans passeport, il se tourne vers la Suisse, et c’est le canton de Fribourg qui l’accueille et lui offre une nouvelle citoyenneté, qui le met à l’abri des polices russes et européennes.

A Nice, Herzen retrouve ses amis réfugiés politiques, mais la vie privée reprend amèrement ses droits. Les drames familiaux se succèdent : en 1851, sa mère et son fils Kolia périssent dans un naufrage, en venant retrouver la famille, en 1852, sa femme Natalie meurt, gravement malade.

Et puis il y a « L’affaire Herwegh », conflit épistolaire féroce entre les deux anciens amis révolutionnaires. Herwegh, autrefois frère de cœur d’Herzen, devient l’ennemi qui a saccagé son bonheur familial.

Brisé, Herzen ne veut plus rester à Nice. Il part pour Londres. Déçu par l’Occident, il se tourne vers la Russie. Il crée le journal clandestin KOLOKOL, (La Cloche), qui acquit en Russie une extraordinaire renommée. C’était la première manifestation d’une opinion publique russe libre.